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Islamabad échoue, Ormuz tient : le conflit Iran–États-Unis s'enlise au 58e jour
Par Le Pivot — Iran Monitor · 25 avril 2026 · 10 min de lecture
Au 58e jour du conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les espoirs d’une percée diplomatique à Islamabad se sont évanouis en moins de 24 heures. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a quitté le Pakistan après avoir transmis aux médiateurs un cadre de position iranien — sans rencontrer directement les Américains. En réponse, Donald Trump a annulé la mission de Steve Witkoff et Jared Kushner, jugeant l’offre iranienne insuffisante. Téhéran réplique qu’il ne négociera pas « sous la contrainte ». Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz demeure le théâtre d’un double blocus maritime, le brut Brent dépasse les 115 dollars le baril, et à l’intérieur du pays, la machine répressive continue de tourner.
1. La deuxième ronde d’Islamabad tourne court
La séquence est révélatrice de la défiance mutuelle qui paralyse les deux camps. Araghchi est arrivé à Islamabad le 25 avril, officiellement pour des « consultations régionales ». Il a remis aux médiateurs pakistanais un document outlining la position iranienne — refus de démantèlement nucléaire complet, exigence de garanties de sécurité, opposition à toute limitation des missiles balistiques. Le Pakistan devait relayer ces positions aux Américains.
Mais Trump, estimant que l’offre iranienne « ne va pas dans la bonne direction », a annoncé que Witkoff et Kushner ne se rendraient pas à Islamabad. Il a ajouté que les négociations se poursuivront « par téléphone » — une formulation qui, diplomatiquement, équivaut à un gel de facto des pourparlers en personne.
Du côté iranien, le président Pezeshkian a été sans ambiguïté lors d’un appel téléphonique avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif : Téhéran ne s’assoira pas à la table tant que des « pressions et menaces » persistent. La formule résume l’impasse : Washington maintient son blocus naval et ses sanctions comme levier de pression, Téhéran refuse de négocier sous ces conditions.
La première ronde d’Islamabad, les 11 et 12 avril, avait déjà échoué après 21 heures de discussions, sans accord sur les deux points fondamentaux : le programme nucléaire iranien et le statut du détroit d’Ormuz.
2. Le double blocus d’Ormuz : pétrole à 115 $, économie sous pression
Depuis le 13 avril, les États-Unis imposent un blocus naval sur les ports iraniens. L’Iran, de son côté, contrôle le trafic transitant par le détroit d’Ormuz depuis le 28 février — exigeant des droits de passage supérieurs à un million de dollars par navire et ayant posé des mines dans le détroit. Les deux blocus se superposent désormais dans ce qui constitue une guerre navale de basse intensité sous couverture d’un cessez-le-feu terrestre.
Les conséquences économiques sont considérables. Avant le conflit, le détroit d’Ormuz acheminait environ 25 % du commerce mondial de pétrole par voie maritime et 20 % du GNL mondial. Le brut Brent a atteint 115 dollars le baril, avec des projections allant jusqu’à 130 dollars si le blocus se poursuit jusqu’à l’été selon Goldman Sachs. En Iran, les réserves de brut atteignent leur capacité maximale de stockage, faute de pouvoir exporter — une pression supplémentaire sur une économie déjà étranglée.
Pour la population iranienne, la réalité est celle de prix alimentaires en hausse et d’un chômage en forte progression. L’analyse de CNN résume la situation en une formule : l’Iran souffre dans une impasse avec les États-Unis, mais parie peut-être que Trump clignotera en premier.
3. Mojtaba Khamenei : le guide invisible délègue aux généraux
Plus de sept semaines après avoir été désigné guide suprême le 9 mars 2026, Mojtaba Khamenei n’est toujours pas apparu publiquement. La dernière apparition connue remonte à avant les frappes du 28 février sur la résidence familiale des Khamenei, qui ont tué son père Ali Khamenei.
Des rapports indiquent qu’il a survécu aux frappes mais avec des blessures graves — prothèse de jambe, chirurgie plastique faciale. Le régime aurait eu recours à des vidéos générées par intelligence artificielle pour diffuser ses messages, alimentant les spéculations sur son état réel. D’après The Defense News, Mojtaba Khamenei a délégué une part significative de l’autorité opérationnelle aux commandants supérieurs des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC).
Ce transfert de facto de pouvoir aux généraux de l’IRGC transforme la structure décisionnelle iranienne : là où Ali Khamenei arbitrait entre factions civiles et militaires, l’absence physique de son fils laisse le champ libre à une direction plus collégiale — et potentiellement plus rigide — des Gardiens.
4. Répression intérieure : vague d’exécutions politiques
Alors que la diplomatie piétine, la répression interne s’intensifie. Human Rights Watch a alerté début avril que « des milliers de prisonniers sont en danger ». Les exécutions documentées depuis le début du mois se comptent par dizaines.
Parmi les cas les plus documentés : Amir Hossein Hatami, 18 ans, manifestant, pendu le 2 avril ; deux autres protestataires exécutés le 5 avril ; dix prisonniers politiques exécutés à la prison de Qezel Hesar entre le 30 mars et le 9 avril, dont plusieurs détenus arrêtés lors du soulèvement populaire de janvier 2026 ; et les membres de l’OMPI Hamed Validi et Mohammad (Nima) Masoom Shahi, exécutés le 20 avril.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Volker Türk a exprimé son indignation face aux arrestations massives arbitraires, aux procès expéditifs sans garanties d’équité, et à l’application de la peine de mort. Des membres du Parlement européen ont exigé une levée du « silence » international et ont reconnu le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) comme alternative démocratique.
5. Prolongation du cessez-le-feu au Liban
Dans ce contexte tendu, une note plus stable : la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban, annoncée le 23 avril. Ce répit offre un espace de désescalade partielle sur le front nord d’Israël, même si les causes structurelles du conflit — désarmement du Hezbollah, retrait des forces — demeurent non résolues.
Ce qu’il faut retenir
Le 26 avril marque une journée charnière dans la chronologie du conflit : c’est la première fois que les deux rounds d’Islamabad se soldent par un échec documenté, sans même la fiction d’un « progrès » à exhiber pour la galerie. Les deux camps se retrouvent dans une position où la désescalade exige des concessions que ni l’un ni l’autre n’est prêt à accorder publiquement.
Pour Trump, céder le blocus sans obtenir de garanties nucléaires serait un aveu de faiblesse ; pour Pezeshkian et les Gardiens, accepter un démantèlement nucléaire complet représente une capitulation existentielle. Le détroit d’Ormuz, avec ses 20 % de l’approvisionnement mondial en énergie, reste l’otage de cette équation — et chaque semaine supplémentaire de blocage envoie les prix de l’énergie vers des niveaux susceptibles de provoquer une récession mondiale.
Sources
- Al Jazeera — Iran war live: Tehran rejects talks under siege (26 avril)
- NPR — Iran’s FM leaves Pakistan, Trump cancels U.S. delegation (25 avril)
- CNN — Iran is suffering in a standoff with the US (25 avril)
- Al Jazeera — How long can Iran survive the US’s Hormuz blockade? (24 avril)
- Fortune — From maritime trench warfare to a ‘sloppy peace’ (25 avril)
- CNN — Iran’s new supreme leader is nowhere to be seen (21 avril)
- Eurasia — Mojtaba Khamenei delegates power to generals (25 avril)
- Human Rights Watch — Iran: Thousands of Prisoners at Risk (1er avril)