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Négociations indirectes à Islamabad : Hormuz en otage, Téhéran en résistance
Par Le Pivot — Iran Monitor · 24 avril 2026 · 10 min de lecture
Au 57e jour du conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le mot d’ordre est la diplomatie indirecte. Steve Witkoff et Jared Kushner sont en route vers Islamabad pour y rencontrer — à travers la médiation pakistanaise — le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi. Téhéran répond avec prudence : « aucune réunion directe n’est prévue. » Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz demeure sous double blocus, le brut dépasse les 105 dollars le baril, et à l’intérieur du pays, les exécutions et les transferts forcés de prisonniers politiques se poursuivent sans interruption.
1. La médiation pakistanaise : entre optimisme et ambiguïté
Les envoyés spéciaux américains Witkoff et Kushner arrivent à Islamabad ce 25 avril. L’Iran y a dépêché son ministre des Affaires étrangères Araghchi, officiellement pour « consultations régionales ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a pourtant précisé qu’aucune rencontre directe avec Washington n’était planifiée — les positions iraniennes seraient transmises par Islamabad.
Les médiateurs pakistanais se disent « prudemment optimistes ». Trump, de son côté, a affirmé pouvoir « conclure un accord dès maintenant » avec Téhéran, à condition qu’il soit « durable ». Les positions restent éloignées : l’Iran exige la levée du blocus naval américain et le dégel de 6 milliards de dollars d’avoirs gelés avant tout retour à la table des négociations. Washington conditionne tout allegement à des garanties sur le programme nucléaire et la renonciation aux péages du Détroit.
L’Iran characterise la situation avec une formule tranchante : les États-Unis « cherchent une porte de sortie honorable du bourbier où ils se sont empêtrés. »
2. Le détroit d’Ormuz : double blocus, pétrole à 105 $
Depuis l’effondrement des premières négociations le 12 avril, deux blocus se superposent. D’un côté, la marine américaine intercepte les navires entrant ou sortant du détroit, bloquant les revenus pétroliers iraniens. De l’autre, l’Iran a menacé de miner le passage et a, dans certains cas, saisi des pétroliers en représailles.
Trump a promis que la marine américaine détruirait tout navire tentant de miner le Détroit. Un supertanker sous sanctions américaines a néanmoins réussi à transiter malgré le blocus, alimentant l’incertitude des marchés. Le Brent a culminé à 106 dollars le baril en début de semaine, avant de se stabiliser autour de 105 $.
Selon l’analyste Hassan Ahmadian, les activités navales américaines représentent davantage un repositionnement de force qu’une véritable pression économique. La question pour les marchés : combien de temps l’Iran peut-il absorber ce blocus avant de plier ou d’escalader ?
3. Bilan humain : 3 400 morts en Iran depuis le 28 février
Le chef de l’organisation iranienne de médecine légale a établi un bilan partiel depuis le début des frappes américano-israéliennes le 28 février : près de 3 400 personnes tuées en Iran, auxquelles s’ajoutent environ 2 500 au Liban, 32 dans les États du Golfe, et 23 en Israël. Ces chiffres, issus des autorités iraniennes, restent difficiles à vérifier indépendamment.
Le porte-avions USS George H.W. Bush est arrivé dans la région, portant à trois le nombre de groupes aéronavals américains déployés en Méditerranée et dans le Golfe. En parallèle, Israël a procédé à une frappe en marge du cessez-le-feu au Liban, tuant trois personnes — provoquant une riposte roquette du Hezbollah, dans un cycle qui menace la trêve de trois semaines annoncée par Trump.
4. Sanctions économiques : la flotte fantôme dans le viseur
Le Trésor américain (OFAC) a sanctionné le 24 avril la raffinerie chinoise Hengli Petrochemical (Dalian) — deuxième plus grande raffinerie indépendante de Chine et l’un des principaux clients de pétrole iranien — ainsi qu’une quarantaine de sociétés et navires appartenant à la flotte fantôme de Téhéran.
Ces entités ont transporté pour des milliards de dollars de pétrole brut, de GPL et de produits pétrochimiques iraniens, contournant les sanctions via des pavillons de complaisance et des circuits de paiement opaques. L’action s’inscrit dans la stratégie de « pression économique maximale » de l’administration Trump, ciblant spécifiquement les acheteurs asiatiques d’hydrocarbures iraniens.
Pour l’Iran, qui dépend de ces revenus pour financer son budget et son effort de guerre, cette nouvelle vague de sanctions représente une contrainte sérieuse — d’autant que le blocus naval réduit déjà les exportations légales.
5. Répression intérieure : exécutions, transferts, intimidation
Sur le front interne, le régime maintient une pression constante sur l’opposition.
Exécutions : Hamed Validi et Mohammad Masoum-Shahi, liés aux Unités de résistance de l’OMPI, ont été exécutés cette semaine. Depuis le 19 mars, au moins dix prisonniers politiques ont été pendus, dont six membres de l’OMPI et quatre participants aux soulèvements de janvier 2026 — exécutés « dans le plus grand secret, sans préavis aux familles ni aux avocats », selon Amnesty International.
Transferts forcés : Le 13 avril, sept prisonniers politiques, dont Miryousef Younesi (71 ans) et Mehdi Vafaee (40 ans), ont été transférés de force du quartier 7 d’Evin à l’isolement de Ghezel Hesar. Selon des témoignages recueillis par le CNRI, les gardes ont « rasé de force leurs têtes et les ont sévèrement battus à coups de tuyaux d’arrosage. »
Intimidation en prison : Les autorités pénitentiaires ont menacé les femmes emprisonnées à Evin de confinement solitaire et de suspension des appels téléphoniques si elles continuaient à participer à la campagne hebdomadaire « Non aux exécutions mardis ».
Société civile sous pression
Les écoles iraniennes restent fermées pour le 55e jour consécutif, dans un contexte de coupures internet maintenu à 2 % du niveau normal selon plusieurs organisations de surveillance. Le système d’enseignement à distance gouvernemental (Shad) subit des pannes d’infrastructure récurrentes.
Le meurtre de Fatemeh Zahra Hosseinbar, neuf ans, dont le corps mutilé a été retrouvé à Gasht (sud-est) après son enlèvement le 17 avril, a provoqué une onde de choc dans la société iranienne déjà traumatisée. L’affaire pose des questions sur les conditions de sécurité dans les régions périphériques en temps de guerre.
À Berlin, le gouvernement allemand a confirmé qu’il ne recevrait pas Reza Pahlavi lors de sa visite au Bundestag — un signal diplomatique vis-à-vis des monarchistes en exil.
Contexte géopolitique
Le scénario actuel s’articule autour de quatre axes simultanés : une guerre active sur le terrain iranien et libanais, un blocus maritime qui étouffe lentement l’économie iranienne, des négociations indirectes dont personne ne contrôle le rythme, et une répression intérieure qui s’intensifie à mesure que le régime cherche à écraser toute dissidence en période de vulnérabilité.
La délégation américaine à Islamabad doit naviguer entre deux écueils : paraître trop conciliante (ce qui renforcerait la position de Téhéran sur Hormuz) ou trop intransigeante (ce qui fermerait la porte à tout accord). L’Iran joue sur le temps, sachant que chaque semaine sans résolution fait monter la pression pétrolière sur les alliés américains en Asie et en Europe.
Ce qu’il faut retenir
- Les négociations Iran-États-Unis via le Pakistan progressent mais sans contact direct ; l’issue reste incertaine.
- Le blocus d’Ormuz maintient le brut au-dessus de 105 $/baril, avec des risques d’escalade persistants.
- Le Trésor américain sanctionne une grande raffinerie chinoise et 40 navires fantômes, resserrant l’étau économique.
- La répression interne s’intensifie : 10 prisonniers politiques exécutés depuis mi-mars, transferts violents à Ghezel Hesar.
- 3 400 morts civils et militaires en Iran depuis le 28 février — un bilan qui continue de s’alourdir.
Sources
- Al Jazeera — Jour 56 : Situation après l’extension du cessez-le-feu
- NCRI — Iran News in Brief, 25 avril 2026
- NPR — Le ministre iranien des AE attend la délégation américaine au Pakistan
- NBC News — Trump ordonne d’attaquer les navires iraniens minant Hormuz
- Al Jazeera — Combien de temps l’Iran peut-il survivre au blocus d’Ormuz ?
- Times of Israel — Iran dit que les USA cherchent « une sortie honorable »
- U.S. Treasury / OFAC — Sanctions Hengli Petrochemical et flotte fantôme
- France 24 — Sur fond de guerre, les exécutions politiques s’enchaînent en Iran