Iran, jour 10 : Mojtaba Khamenei nommé Guide suprême alors que Téhéran brûle
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Guerre en Iran Généré par IA

Iran, jour 10 : Mojtaba Khamenei nommé Guide suprême alors que Téhéran brûle

Par Le Pivot — Iran Monitor · 9 mars 2026 · 10 min de lecture

Dixième jour de guerre. Les sirènes n’ont pas cessé à Téhéran depuis le 28 février, date des premières frappes américano-israéliennes qui ont coûté la vie à l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dimanche 9 mars, la capitale iranienne se réveille une nouvelle fois sous un épais nuage de fumée noire — conséquence directe des bombardements israéliens sur les dépôts pétroliers de Sharan et Shar Rey, en plein cœur de l’agglomération. Pendant ce temps, l’Assemblée des experts a choisi un successeur : Mojtaba Khamenei, fils du défunt Guide suprême, devient le troisième dirigeant de la République islamique depuis sa fondation en 1979.

Un nouveau Guide suprême en temps de guerre

L’annonce, diffusée samedi 8 mars par la télévision d’État, marque un tournant politique majeur. Mojtaba Khamenei, longtemps resté dans l’ombre de son père, accède au pouvoir dans les circonstances les plus difficiles que l’Iran ait connues depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988). L’Assemblée des experts, organe clérical chargé de désigner le Guide suprême, a voté à la majorité de ses membres en sa faveur.

La nomination dynastique — une première dans l’histoire de la République islamique — soulève des questions sur la légitimité du nouveau dirigeant. Plusieurs analystes notent que ce choix traduit avant tout un réflexe de survie du régime, qui cherche à projeter une continuité du pouvoir en plein chaos militaire. Les commandants des Gardiens de la révolution et les dirigeants politiques ont rapidement prêté allégeance au nouveau Guide (NPR, Al Jazeera).

Frappes sur les installations pétrolières : Téhéran suffoque

Pour la première fois depuis le début du conflit, les infrastructures pétrolières iraniennes ont été directement ciblées. Les frappes israéliennes ont touché les dépôts de carburant de Sharan et Shar Rey, provoquant des incendies massifs visibles à des dizaines de kilomètres. Les habitants de Téhéran se sont réveillés dimanche dans une fumée toxique, rapporte l’agence semi-officielle Fars.

Ces frappes s’inscrivent dans une escalade délibérée : après avoir neutralisé les capacités de défense aérienne et les sites militaires lors des premiers jours, la coalition américano-israélienne s’attaque désormais aux artères économiques du pays. Le message est clair — asphyxier l’économie de guerre iranienne (France Info, CNN).

L’Iran riposte dans le Golfe

La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre. Au cours des dernières 24 heures, les forces iraniennes ont élargi le théâtre des opérations en frappant des infrastructures dans plusieurs pays du Golfe. Des réservoirs de carburant de l’aéroport international du Koweït ont été touchés, et les autorités bahreïniennes signalent des dommages à une usine de dessalement. Les Émirats arabes unis ont intercepté un missile, tandis que l’Arabie saoudite, le Qatar et les EAU continuent de subir des attaques contre des installations militaires américaines sur leur sol.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a toutefois déclaré que l’Iran cesserait ses frappes contre les pays voisins si aucune attaque n’était lancée depuis leur territoire — un signal diplomatique ambigu, à mi-chemin entre la menace et l’ouverture (Al Jazeera).

Crise humanitaire et bilan humain

Le bilan humain continue de s’alourdir. Selon l’agence américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency), au moins 1 205 civils ont été tués en Iran depuis le début du conflit, dont 194 enfants — un chiffre arrêté au samedi 8 mars en fin de journée. Les véritables pertes pourraient être considérablement plus élevées, les communications étant perturbées dans plusieurs provinces.

La situation des 2,6 millions de réfugiés afghans présents en Iran est particulièrement préoccupante. Déjà fragilisés par les campagnes de déportation de 2025, ils se retrouvent pris au piège d’un conflit qui n’est pas le leur. Les déplacements de population s’accélèrent, alors que l’espace aérien régional reste partiellement fermé — plus de 52 000 ressortissants indiens ont été évacués entre le 1er et le 7 mars (The New Humanitarian).

Marchés pétroliers en ébullition

L’impact économique mondial est déjà considérable. Le Brent a bondi de plus de 30 % en une semaine, dépassant brièvement les 119 dollars le baril dimanche, avant de redescendre autour de 113 dollars lundi. L’Arabie saoudite et d’autres grands producteurs du Golfe ont réduit leur production, tandis que le trafic de tankers à travers le détroit d’Ormuz — par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial — est pratiquement au point mort.

Pour le Québec et le Canada, cette flambée des prix se traduit déjà par une hausse du prix à la pompe et ravive les débats sur la souveraineté énergétique nord-américaine. Goldman Sachs et Bloomberg anticipent un baril durablement au-dessus des 100 dollars si le conflit se prolonge au-delà de mars (Bloomberg, Fortune, Goldman Sachs).

Ce qu’il faut retenir

La nomination de Mojtaba Khamenei en pleine guerre illustre la volonté du régime iranien de maintenir une façade de stabilité, mais la transmission dynastique du pouvoir suprême est sans précédent et pourrait fragiliser sa légitimité interne. Sur le plan militaire, l’élargissement des frappes aux infrastructures pétrolières et la riposte iranienne dans le Golfe signalent une escalade qui éloigne toute perspective de cessez-le-feu à court terme. Avec plus de 1 200 civils tués en dix jours et un baril de pétrole au-dessus de 110 dollars, les conséquences humanitaires et économiques de ce conflit dépassent déjà largement les frontières iraniennes. L’historien Pierre Razoux estime que « le scénario d’un enlisement du conflit est aujourd’hui le plus probable » — une perspective qui devrait préoccuper autant les chancelleries que les marchés.